Le toucher de la lumière: la vue intérieure de Lusseyran entre phénoménologie et mystique

Sunday 3 July 2016

(Intervention lors du colloque 'Jacques Lusseyran (1924-1971) entre cécité et lumière. Regards croisés' tenu à la Fondation Singer-Polignac, Paris)

En décrivant la nature de la perception sensorielle, Jacques Lusseyran affirme que « Tous [les] sens […] sont les accidents successifs d’une perception unique, et cette perception est toujours celle d’un contact. »  De prime abord, il semble difficile de réconcilier la notion d’un tel contact ou « toucher fondamental «  avec l’expérience d’une vue intérieure que Lusseyran a si souvent décrite comme la plus déterminante de sa vie. Cependant, cette réconciliation est bien possible, si nous réalisons que, pour Lusseyran, la lumière constitue non seulement une expérience directe et synesthésique intensément vécue, mais aussi un élément « qui embrasse l’existence entière »  révélant ainsi un ordre ontologique basé sur la réciprocité. Dans un tel ordre, le ‘moi’ et le monde se touchent ; le sujet et l’objet se rencontrent s’ouvrant l’un à l’autre. Comme je tenterai de démontrer, Lusseyran a développé cette conception complexe de la lumière en combinant une analyse phénoménologique de sa propre conscience avec des théories empruntées à des maîtres spirituels comme Rudolf Steiner et Georges Saint-Bonnet. Une telle contextualisation historique de la vision lusseyrienne entre la philosophie et un ‘mysticisme’ moderne, me permettra également de réfléchir sur l’autorité du penseur aveugle aux marges de la connaissance dans une société visualiste.

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